Être artisan de justice et de paix

Recommençons-nous à nous recommander nous-même, ou avons-nous besoin, comme certains, de lettres de recommandation pour vous ou de votre part ? C’est vous qui êtes notre lettre de recommandation, écrite dans nos cœurs, connue et lue de tous les hommes. Vous avez fait clairement comprendre que vous êtes une lettre du Messie, remise à nos soins, écrite non avec de l’encre mais par l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais dans des cœurs humains. Telle est la confiance que nous avons en Dieu par le Messie. Non que nous soyons capables par nous-mêmes de considérer quoi que ce soit comme venant de nous ; au contraire, notre capacité nous vient de Dieu. Il nous a même rendus capables d’être des ouvriers qui servent une Nouvelle Alliance, dont l’essence même n’est pas un texte écrit mais l’Esprit.

(2 Corinthiens 3.1-6)


Une lettre du Christ écrite au monde

Si nous sommes une lettre du Christ écrite au monde, cette lettre doit-elle être parfaite, avec les mots justes, bien pesés, chacun à la place exacte pour ciseler des phrases magnifiques ?

Ou bien, faut-il y laisser les ratures, biffer, corriger, être vrai plutôt que parfait ?


Cette question m’interpelle.


Moi, je voudrais être une belle lettre, parfaite, toujours avec des mots justes, sans ratures et phrases biffées.


Mais la vie n’est pas comme ça. Il y a plus d’imperfections que de perfections, plus de ratures que de parcours sans faute.

Mais, à regarder plus prêt, est-ce que ce n’est pas ça, les imperfections, qui rendent la vie, une personne, une œuvre plus intéressante, plus vraie, plus humaine ? Des grands compositeurs, dans leurs œuvres musicales, incluent parfois de petites dissonances pour que la pièce ne soit pas trop lisse.


Mais ces imperfections, en tout cas pour moi, ne sont pas toujours faciles à accepter.

Quand j’ai discuté avec d’autres à propos de cela, finalement on était d’accord : si nous sommes une lettre, cette lettre doit être écrite par Jésus. Mais cette lettre n’a pas du tout besoin d’être parfaite ; par contre ce qu’elle a besoin d’être, c’est d’être authentique et honnête, et ouverte vers les autres.


Réconciliation

Le témoignage de Paul était qu’à travers Jésus Christ, Dieu a fait naître un nouveau monde, une nouvelle société, une nouvelle sorte de relation entre les êtres humains – basé sur la paix, la réconciliation et la justice plutôt que sur la peur, l’antagonisme et la loi du plus fort.


La vie de Jésus est alors le modèle et l’exemple pour une vie, une communauté et une société renouvelée et réconciliée qui défie les habitudes en usage aujourd’hui dans nos sociétés.


L’un des aspects clefs de cette relation réconciliée, rendue possible à travers Jésus Christ, est d’être sans défense.


Le croyant et son ennemi, moi et mon ennemi, nous pouvons être unis, non pas à cause de notre propre mérite ou parce qu’on y a travaillé durement, mais à cause de l’œuvre de Jésus qui a la paix à son centre.


La paix est au centre de l’évangile de Jésus-Christ, et ainsi l’œuvre de Jésus-Christ et de son église –et donc du disciple- est celle de la paix et de la réconciliation ; entre l’être humain et Dieu, mais aussi entre les êtres humains divisés, de chaque race, de tout âge et de tout genre.


A cause de cette nouvelle création que Jésus Christ annonce par sa vie, mort et résurrection, nous sommes libres d’aimer Dieu et notre prochain sans réserve.

Pour revenir à l’image de la lettre…


Ce qui compte, ce n’est pas si la lettre que nous sommes est parfaite, avec une écriture magnifique et des paroles grandioses – mais si elle arrive à bon port, si elle rejoint l’autre là où il ou elle est, dans sa situation, si elle parle d’amour, d’acceptation, de pardon, de paix et de réconciliation.


Ainsi, elle peut comporter des ratures, des biffures, des corrections.


Car si nous sommes écrit par Jésus, avec l’encre qu’est l’Esprit, les lettres qui composent la lettre, ou les lettres que nous sommes, ce sont nos vies.

Et nos vies ne sont pas parfaites, toujours harmonieuses, en lignes droites calligraphiées.

Comme la vie, elles sont parfois un peu penchées vers la gauche, ou un peu vers la droite, un peu en-dessous ou au-dessus de la ligne.


Parfois il faut biffer des lignes et revenir en arrière, voir transformer de paragraphes entiers : c’est un travail en cours, jamais acquis, toujours en cours.


Ainsi, la lettre reste vivante et intéressante pour les autres.


La norme pour la lettre qu’est le disciple de Jésus n’est donc pas son degré de perfection, mais Jésus, celui qui est venu annoncer la Paix – c’est lui qui est la norme.


Quelle lettre sommes-nous ?

Notre engagement d’être des disciples du Christ donnera à une nouvelle société dans cette société qui rendra témoignage de la paix et de la réconciliation dont pourront faire l’expérience tous ceux qui suivront le Christ : la voie est ouverte à tous.


Et je pense que c’est cet « être sans défense », c’est être dépourvu de toute sorte de violence, mais de vivre dans la paix et l’amour qui fera qu’on aura envie de lire les lettres que nous sommes ; qu’on aura envie d’entendre et de voir notre témoignage.


Non pas tant un témoignage composé de beaucoup de paroles, mais un témoignage en actes d’amour, grands et petits, chacun à son échelle, à sa mesure, dans le quotidien – des actes d’artisans de paix et de justice.


Quel genre de lettre fera envie aux autres de lire la lettre que nous sommes ? Qu’est-ce qui ferait alors envie, quel genre de témoignage, quelle vie de disciple ?


Diana Schärer


COMMISSION DE LA JEUNESSE MENNONITE SUISSE

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