Dire sa foi aux autres. Sacré challenge.

Peut-être que comme moi il vous est arrivé d’assimiler le terme mission au fait de partir à des milliers de kilomètres pour dire à des gens, dont vous ne parlez parfois pas la langue, qui est Dieu et tout ce qu’il a d’exceptionnel à leur offrir.

En parlant du « monde » (Mc 16.15) ou de « toutes les nations » (Mat 28.19-20), Jésus ne nous aide d’ailleurs pas à nous détacher de cette idée que la mission qu’il donne à ses disciples implique de franchir des frontières.

Mais est-ce au détriment de ce qui se passe dans notre rue ou notre foyer ? Certainement pas!


La mission commence là où nous sommes.

Sans doute est-il bon de nous rappeler que notre Père n’a pas d’yeux et d’amour que pour les chrétiens. Il en a pour toutes ses créatures. « Toutes les familles de la terre seront bénies par toi » dit notre Dieu à Abraham (Gn 11.3).

Mon camarade de classe, ma collègue de travail, cet homme à qui j’achète mon pain tous les jours, mon enfant qui a décidé de faire sa vie loin de Dieu, cette famille musulmane qui a quitté un pays en guerre et qui est venue trouver refuge en Suisse (et là on réalise que c’est le monde qui vient à nous…), etc. Dieu a de l’amour pour tous ces gens que je fréquente chaque jour.

Cela peut sembler évident. Mais en pratique, est-ce que nous voyons les gens qui nous entourent comme des personnes qui peuvent légitimement se sentir concernées par Dieu ?

Comment s’y prendre ?

J’ai souvent entendu que la meilleure manière d’être en mission est « d’être » plutôt que de dire : si tu as un comportement exemplaire, tu vas susciter de l’intérêt chez les gens… Et ce n’est pas faux, notre manière d’être doit être en cohérence avec notre foi (Jc 2.14-18).

En ce qui me concerne, je me rends compte que cette vision de la mission a plutôt été une excuse pour ne pas explicitement parler de Dieu. Pourquoi ? Par peur de mal faire, de faire peur aux gens, d’entacher une relation. Lorsque l’on communique clairement sa foi, le risque, non négligeable, est d’être pris pour un illuminé : « Tu es un pécheur mais ce n’est pas si grave parce que Dieu, qui, au passage, a créé tout l’univers, a trouvé une solution à ce problème. Tu veux en savoir plus ? ». Non, merci…

Nous devons nous inspirer sans cesse de l’homme extraordinaire que Jésus a été et tâcher de lui ressembler. Mais est-ce que cela suffit ? Jésus a beaucoup fait mais il a aussi dit. « Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14.6). Est-ce que mon attitude positive suffit pour dire cela ?


Chacun son style

Certains sont plus doués que d’autres pour dire leur foi, expliquer clairement les choses. Dieu nous a accordé à chacun des dons différents (1 Co 12). Mais tels que nous sommes, avec nos faiblesses, nos qualités, nos défauts, nos passions, notre personnalité, Dieu veut nous utiliser. Nous sommes tous capables d’être des imitateurs du Christ par nos actes et des porte-paroles de son message par notre bouche.


Quand j’étais à la fac de droit, je m’étais donné un mot d’ordre : mes camarades savent que je suis chrétien, mais je leur en dit plus sur ma foi seulement s’ils me le demandent.

Avec un de mes meilleurs amis, nous n’avons pas creusé le sujet de la foi pendant les quatre années passées ensemble. Quelques mois après que j’ai quitté la fac, nous avons skypé alors qu’il poursuivait ses études aux États-Unis. Et alors que je ne m’y attendais pas, il m’a demandé : « tu crois en quoi exactement ? ». Là j’ai un peu transpiré… Si je n’étais pas clair ? Si ça lui faisait peur que je parle du péché ? S’il a des questions sur les origines du mal ?

Heureusement, Dieu ne se limite pas à ce que nous disons pour agir dans les cœurs.

Maintenant mon ami chemine, il m’appelle quand il a des questions et je continue de prier pour qu’il vive un vrai changement.


Si c’est la peur qui nous empêche de parler de Dieu, nous n’avons plus d’excuses. Si nous sommes convaincus de ce que nous croyons, si nous prenons le temps de préparer une bonne terre (Mt 13.23) en cultivant l’amitié, et si avons le courage de semer dans cette bonne terre, avec respect et humilité, il n’y a pas de raison que nous fassions fuir les gens. Mais il faut semer ! Et surtout accompagner la graine qui va germer. D’où l’intérêt de ne pas trop s’éparpiller dans sa mission. Mieux vaut privilégier la qualité à la quantité : Jésus parle de disciples, pas de convertis.


Que Jésus, qui est avec nous tous les jours, nous inspire et que son Esprit nous dirige.


Valentin dos Santos


COMMISSION DE LA JEUNESSE MENNONITE SUISSE

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